Au
siècle dernier, le responsable des monuments historiques Carlos
Icator tenta de comprendre la nature des dégradations que subissaient
de nombreuses voûtes de ponts sur le Tage. Très rapidement,
il s’aperçut du rôle joué par les mâts
surélevés de pêcheurs trop à l’étroit
sur le fleuve et qui ne rêvaient que de voyages en haute mer.
Par mesure de protection, mais aussi par respect pour les pêcheurs,
Icator chercha à concevoir un bateau à courte voilure capable
de naviguer autant sur les rivières qu’en mer. Par hasard,
il découvrit que les traces laissées par le frottement
des mâts sur la voûte de chacun des ponts endommagés
formaient invariablement un dessin, ou plutôt un plan, représentant
plus ou moins la forme d’une embarcation. Y voyant un cadeau du
ciel, Icator réalisa son bateau idéal d’après
ces plans et expérimenta lui-même sa création.
Si le voyage se passa sans encombre sur la rivière, Icator eut à peine
le temps de rejoindre la mer qu’il sombra. Juste avant de couler, à tout
hasard, il jeta un dernier coup d’œil en l’air pour
voir si une dégradation ne venait pas d’apparaître
soudainement dans la voûte céleste.