Chaque jour, le roi Rivalen demandait à son fils Tristan d’aller dessiner dans la forêt les insectes qu’il y trouverait. C’était une vie ingrate, faite de piqûres et de démangeaisons. Tristan voulait voir plus grand. Un matin, au travers d’un chemin, il tomba sur une inconnue et lui demanda s’il pouvait la dessiner. Yseult accepta sans dire un mot et lui fit presque oublier la présence des insectes.
Tristan éprouva ses premiers maux de ventre peu après leur mariage. Yseult ouvrit de grandes enveloppes où elle conservait soigneusement différentes herbes rares cueillies en forêt, lui assurant qu’elles seules pourraient le guérir. Mais le mal empirait. Lorsqu’il comprit que c’était elle qui l’empoisonnait avec ses plantes, il était déjà trop tard. Ses jours étaient comptés.
Tristan ne pouvait pourtant se résoudre à mourir si rapidement. Il alla passer le peu de temps qui lui restait à vivre dans la forêt. Il savait qu’en vivant dans l’étroite compagnie d’insectes dont l’espérance de vie n’excède pas quelques jours, ses dernières heures prendraient la valeur de mois, peut-être même d’années.
Tristan passa le reste de sa vie à se demander pourquoi Yseult avait fini par trouver le temps si long à ses côtés.