Le Moustique d'après un entretien radiophonique accordé par Oskar serti peu avant sa mort
Je ne demandais rien d'autre, pour mon bonheur, que de voir cet animal survoler nos têtes, le ventre gonflé de nos sangs mêlés, comme le fruit soudain de notre rencontre, un fruit qui aurait fait de nous, non pas des coupables, mais d'innocentes victimes unies par la douleur. Mais l'animal ne se décidait pas à la piquer. À un moment même, comme s'il craignait quelque chose, il alla se poser sur un des murs de la pièce. C'est alors que je vis un gros monsieur se précipiter vers lui et l'écraser violemment contre le mur avec ma plaquette de poésie (qu'on avait dû lui donner) et qu'il avait pliée en deux pour mieux frapper. C'était Monsieur de Sélys. Lorsque Catherine me le présenta, j'aperçus le corps de mon pauvre moustique aplati sur le « T » de mon nom inscrit sur la plaquette. Mais je n'eus pas le coeur de rechercher sur le mur une minuscule tache rouge qui avait dû y éclater un instant plus tôt.
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