Le matin du 10 mai 1924, Madeleine Ivernol eut un choc lorsqu’elle
découvrit parmi le linge que son nouveau voisin venait de pendre à sa
fenêtre, une chemise d’aviateur parfaitement identique à celle
que portait son cher fiancé quand il fut abattu en plein vol.
Au spectacle des bras ballants de cette chemise agitée par le
vent, Madeleine frémit en repensant au corps défait de
son bien-aimé durant sa chute ; jamais elle n’avait éprouvé cette
impression de pouvoir saisir avec tant de vérité les derniers
instants d’une vie si brève. |