Bibliothèque municipale de Kontich (Anvers)

Dès que ses amis lui eurent noué le bandeau autour des yeux, la petite Maria tendit les bras et se mit à tourner sur elle même. Alors tourbillonnèrent dans sa tête les images encore fraîches de la place, de la bibliothèque, et de la maison au mur aveugle. Plus elle tournait, plus elles sentait ses bras s’allonger, s’allonger démesurément. Elle pouvait presque toucher la Hollande derrière la bibliothèque, la France au delà de la place, et même l’Angleterre, cachée derrière le mur aveugle.
Mais ses mains ne rencontrèrent aucun de ses amis.
Lorsqu’elle ôta son bandeau, Maria réalisa qu’ils l’avaient laissée toute seule. Lassés de la voir tourner en rond, ils étaient sans doute rentrés chez eux.
Alors Maria remit son bandeau sur les yeux et tourna en rond jusqu’à ce qu’elle puisse toucher sa maison du bout des doigts.